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13/10/2022

Comment limiter les impacts des éoliennes sur la biodiversité ? – L’écologiste appliqué3 min de lecture


On s’inquiète de plus en plus de l’impact du développement des énergies renouvelables sur la biodiversité. Dans leur dernier rechercherCamille Leroux et ses collègues du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, France, explorent l’impact des éoliennes sur la répartition spatiale des chauves-souris.

Les politiques mondiales ont conduit à une augmentation drastique des développements d’énergies renouvelables pour faire face aux urgences climatiques, en utilisant l’énergie solaire, marémotrice ou éolienne. Bien que ces énergies soient considérées comme « propres » et pourraient être utiles dans l’atténuation du changement climatique, elles ne sont pas neutres pour l’environnement. Non seulement ils nécessitent de grandes surfaces pour leur installation, mais ils ont également un impact sur la biodiversité par la perte d’habitat, les risques de collision ou les perturbations.

Les éoliennes ont fait l’objet de beaucoup d’attention ces dernières années, tant en mer (offshore) que sur terre (onshore). Il a été démontré qu’ils causent la perte d’habitat pour de nombreux taxons, soit par destruction directe de l’habitat, soit en perturbant la biodiversité environnante. Nous savons également qu’ils peuvent causer la mort d’oiseaux et de chauves-souris en raison de collisions, qui peuvent être augmentées par les réactions d’attraction de ces taxons vers les éoliennes.

Pour les chauves-souris en particulier, l’attraction et la répulsion ont été documentées. Ces réponses comportementales aux éoliennes ne sont pas anodines : alors que l’attraction est susceptible d’augmenter les risques de collision, la répulsion traduit une perte d’utilisation de l’habitat. Cependant, nous ne savons pas dans quelles conditions les chauves-souris sont attirées vers les éoliennes ou repoussées par celles-ci. En tant que tel, nous ne sommes pas en mesure de mettre en œuvre des mesures d’atténuation adéquates.

Dans notre étude, nous avons étudié comment les chauves-souris réagissent à la présence d’éoliennes le long d’un gradient de distance à partir d’un habitat important pour les chauves-souris : les haies. Pour ce faire, nous avons enregistré les niveaux d’activité en plein champ à différentes distances des haies avec et sans éoliennes.

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Nous avons trouvé l’activité de tous les groupes et espèces de chauves-souris (à l’exception de Pipistrellus kuhlii/nathusii) près des haies (10–43 m) soit considérablement plus faible sous éoliennes que sans éoliennes. En revanche, l’activité des écholocalisateurs à courte portée était plus élevée sous les éoliennes lorsqu’elles étaient situées à 43–100 m des haies, et elle avait tendance à être plus élevée pour les écholocalisateurs à longue portée. Enfin, aucun effet n’a été détecté sous les éoliennes situées à 100–283 m des haies pour toutes les guildes.

Cette augmentation d’activité mesurée au mât suggère que les risques de décès à proximité des haies pourraient être beaucoup plus importants que ce que nous pensions. En bref, les turbines installées trop près des haies pourraient entraîner une perte locale d’utilisation de l’habitat et augmenter les risques de mortalité pour les chauves-souris.

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Notre résultats corroborer Directives EUROBATS, qui recommandent de maintenir les éoliennes à une distance minimale de 200 m des haies. Nous recommandons donc fortement que ces directives soient suivies car elles (1) éviteraient la perte d’utilisation de l’habitat à proximité immédiate des éoliennes et (2) réduiraient partiellement les risques de mortalité.

De plus, plus on éloigne les éoliennes des haies, plus on minimise la répulsion longue distance rapportée dans études précédentes et, par conséquent, des pertes à grande échelle d’utilisation de l’habitat.

Lire l’article complet sur le libre accès La distance aux haies entraîne la répulsion et l’attraction locales des éoliennes sur les chauves-souris : implications pour l’implantation spatiale dans Journal d’écologie appliquée



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