
Malgré des décennies de politique environnementale et d’initiatives de sensibilisation du public, l’accès au recyclage aux États-Unis reste très inégal. Même si de nombreux centres urbains bénéficient d’infrastructures établies pour la récupération et le recyclage des matériaux, le Rapports de l’Agence américaine de protection de l’environnement qu’une grande partie des communautés rurales et économiquement mal desservies n’ont pas d’accès pratique aux services de recyclage. Cette disparité compromet les objectifs nationaux de durabilité et limite le potentiel économique des matériaux récupérés.
Selon l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, le taux national de recyclage des plastiques stagne à environ 8,7, et la plupart des plastiques mélangés, en particulier les résines des types 3 à 7, sont rarement récupérés pour être réutilisés ou remanufacturés. Pendant ce temps, les Académies nationales Recyclage des déchets solides municipaux aux États-Unis Le rapport indique que ceux qui pourraient être recyclés sont plutôt perdus en raison de l’insuffisance des infrastructures régionales, des coûts de transport prohibitifs et du manque de capacité de transformation locale accessible. Ces déficiences structurelles ont pour conséquence que des millions de tonnes de déchets recyclables sont envoyés chaque année dans des décharges plutôt que d’être transformés en produits économiquement intéressants.
Cet écart d’accès est particulièrement aigu dans le sud-est et le Midwest des États-Unis, où les comtés manquent souvent de la densité de population et de la base économique nécessaires pour soutenir les installations de recyclage traditionnelles. De telles disparités ne reflètent pas un manque de volonté du public à recycler, mais plutôt l’absence d’options de traitement accessibles et rentables.
Pourquoi les modèles de recyclage traditionnels ne fonctionnent pas partout
Les installations traditionnelles de récupération des matériaux (MRF) fonctionnent selon des modèles centralisés qui dépendent de volumes importants et constants de matières premières, de la proximité des centres de population et d’investissements en capital substantiels. Ces conditions sont généralement remplies dans les grandes zones métropolitaines, mais rarement dans les régions rurales ou économiquement en difficulté.
Plusieurs contraintes structurelles remettent en question les modèles de recyclage centralisés :
- La faible densité de population diminue les économies d’échelle nécessaires pour justifier des installations fixes.
- Les longues distances de transport augmentent le coût du transport des déchets vers des MRF éloignés, dépassant souvent la valeur des matières recyclables elles-mêmes.
- Les budgets municipaux limités limitent la capacité des petites juridictions à cofinancer ou à entretenir les infrastructures de recyclage.
- Les longs délais d’obtention des permis et de construction retardent le déploiement des projets et augmentent les coûts globaux.
Cette dynamique signifie que même les communautés ayant un fort désir de participer au recyclage sont souvent incapables de le faire, non pas parce qu’elles manquent d’intérêt, mais parce que les systèmes existants sont tout simplement peu pratiques pour elles sur les plans économique et logistique.
Le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis a noté que l’expansion des installations centralisées à elle seule ne comblera pas l’écart d’accès au recyclage, [LINK ADDED] en particulier pour les plastiques et autres matériaux difficiles à recycler.
Ce qu’offrent les modèles de recyclage décentralisés et mobiles
Aux États-Unis, un exemple concret de recyclage décentralisé est le projet pilote Mobile PET Plastic Ocean Waste Recycler en Alaska. Développé avec le soutien des programmes USDA NIFA SBIR et EPA SBIR, le projet a abouti à une unité de recyclage transportable déployée dans plusieurs communautés de l’Alaska. Même si le projet s’est terminé au stade pilote sans commercialisation confirmée à grande échelle, il a démontré la faisabilité pratique du recyclage mobile du plastique au niveau communautaire dans les régions dépourvues d’infrastructures centralisées.
Les systèmes mobiles sont généralement modulaires et évolutifs, intégrant des équipements pour trier, nettoyer et transformer les matériaux recyclables sous des formes utilisables.
Pour les plastiques n°3 à n°7, cela peut inclure le recyclage des déchets mélangés pour fabriquer des produits de construction tels que des dalles, des composants de construction modulaires ou des matières premières pour la fabrication secondaire.
Les avantages opérationnels du recyclage mobile comprennent :
- Flexibilité pour desservir plusieurs juridictions avec une seule unité,
- Des barrières financières plus faibles par rapport aux infrastructures fixes,
- Déploiement adaptatif répondant à la demande locale et aux changements saisonniers,
- Intégration directe avec les flux de déchets municipaux ou commerciaux existants.
Ces caractéristiques rendent le recyclage décentralisé particulièrement adapté aux régions présentant des volumes de déchets variables et un accès limité aux MRF conventionnels.
Avantages environnementaux et économiques du recyclage décentralisé
Les modèles de recyclage décentralisés créent des impacts environnementaux et économiques mesurables. Sur le plan environnemental, le recyclage localisé réduit la dépendance aux décharges et les émissions de gaz à effet de serre associées liées au transport des déchets sur de longues distances. Détourner les plastiques des décharges aide à préserver l’espace aérien limité des décharges et soutient les objectifs de durabilité plus larges décrits dans les stratégies fédérales telles que celle de l’EPA. Stratégie nationale de recyclage.
Sur le plan économique, le recyclage mobile développe l’activité du marché local en :
- Créer des emplois dans les opérations, la logistique et la manutention des matériaux ;
- Conserver la valeur matérielle au sein des économies régionales au lieu d’exporter les déchets bruts ;
- Soutenir les industries en aval qui utilisent des matières premières recyclées ;
- Réduire les coûts de gestion des déchets à long terme pour les municipalités.
Le cadre analytique utilisé par le Bureau of Economic Analysis (BEA) des États-Unis, en particulier Système régional de modélisation entrées-sorties (RIMS II)souligne comment les investissements dans les infrastructures génèrent des impacts économiques directs, indirects et induits aux niveaux local et étatique. En permettant une capacité de recyclage localisée, les modèles décentralisés contribuent à catalyser ces multiplicateurs économiques régionaux.
Par exemple, une unité mobile capable de traiter environ 1 000 tonnes de plastiques mélangés par an contribue au détournement des déchets, à l’emploi local et au développement de la chaîne d’approvisionnement sans nécessiter de vastes installations fixes.
Actions pratiques que les communautés peuvent entreprendre
L’action locale est essentielle pour diriger la politique nationale vers une solution de recyclage distribuée et efficace. Parlez à vos représentants locaux des projets qui peuvent donner l’exemple à la nation.
- Programmes pilotes pour les unités mobiles de recyclage dans les zones identifiées comme mal desservies ou économiquement en difficulté.
- Partenariats public-privé pour atténuer les risques d’investissement et partager les responsabilités opérationnelles.
- Collaborations régionales où des groupes de comtés partagent des unités mobiles et les infrastructures associées.
- Intégration avec l’industrie locale en utilisant des produits recyclés dans les projets de travaux publics et de construction.
- Exploiter les ressources étatiques et fédérales, y compris les subventions et les programmes de l’EPA autorisés en vertu du Loi sur l’infrastructure de recyclage et l’accessibilité (RIAA)qui mettent l’accent sur l’accessibilité en plus de la capacité.
Ces étapes permettent aux communautés de tester et d’affiner les systèmes sur la base de données empiriques et de la demande, plutôt que d’investissements spéculatifs à grande échelle.
Pourquoi les modèles de recyclage décentralisés seront plus importants à l’avenir
La dynamique politique fédérale reflète une reconnaissance croissante des limites des infrastructures de recyclage traditionnelles. La stratégie nationale de recyclage de l’EPA identifie les lacunes d’accès dans les régions mal desservies comme des obstacles majeurs à la réalisation des objectifs nationaux de recyclage. Le Loi sur les infrastructures de recyclage et l’accessibilité souligne également la nécessité de solutions flexibles et distribuées pour répondre aux objectifs de recyclage en constante évolution.
À mesure que les objectifs de recyclage augmentent à l’échelle nationale, comme l’objectif de l’EPA d’un Un taux de recyclage de 50 % d’ici 2030— les modèles mobiles et décentralisés deviendront de plus en plus importants. Ces systèmes ne sont pas destinés à remplacer les MRF établis mais à les compléter en comblant les écarts géographiques et économiques.
Des pas en avant
Les États-Unis sont confrontés à un défi structurel en matière de recyclage : des millions de tonnes de matériaux qui pourraient être recyclés sont perdus chaque année parce que les infrastructures existantes ne parviennent pas à desservir de grandes parties du pays. Le problème ne vient pas du comportement du public mais de la conception du système.
Les modèles de recyclage décentralisés et mobiles offrent une solution pratique et économique à ce défi. En apportant la capacité de transformation directement aux régions mal desservies, ces systèmes réduisent la dépendance aux décharges, soutiennent les économies locales et favorisent des chaînes d’approvisionnement régionales résilientes. À mesure que les objectifs nationaux de recyclage évoluent, des solutions d’infrastructure flexibles et évolutives joueront un rôle central pour garantir un accès équitable au recyclage et faire progresser la durabilité.
À propos de l’auteur
Cet article sponsorisé a été rédigé par Olena Herasymova, chef de projet d’infrastructure durable et fondatrice de GreenPath Consulting, une initiative basée aux États-Unis visant à élargir l’accès au recyclage dans les communautés rurales et mal desservies grâce à des systèmes de recyclage mobiles et décentralisés. Avant de déménager aux États-Unis, elle a participé à la mise en œuvre d’initiatives similaires de recyclage et d’efficacité des ressources en Ukraine.

