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La surveillance à long terme des forêts des basses terres amazoniennes avec une gestion communautaire révèle certaines des densités de jaguars les plus élevées au monde – The Applied Ecologist


La surveillance à long terme montre que les forêts des plaines inondables de l’Amazonie (plaines inondables) peuvent abriter de fortes densités de jaguars, mais la stabilité apparente peut masquer un déclin sous-jacent de la population, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts de conservation face à l’augmentation des événements météorologiques extrêmes.

Les jaguars sont le plus grand félin des Amériques et jouent un rôle fondamental dans le maintien du fonctionnement des écosystèmes. Dans une grande partie de son aire de répartition, les populations sont en déclin en raison de la perte d’habitat, de la chasse et des conflits avec les humains. En Amazonie, malgré la vaste étendue d’habitat qui existe encore, les données démographiques à long terme restent rares. Cet écart est particulièrement préoccupant dans la mesure où le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des événements extrêmes, tels que les inondations et les sécheresses, qui influencent fortement les écosystèmes des plaines inondables. Ces systèmes de zones humides dépendent des inondations saisonnières pour maintenir leur productivité, mais sont sensibles aux changements de l’hydrologie et de l’accès humain.

Dans cette étude, nous présentons une surveillance de 17 ans avec des pièges photographiques de jaguars, comprenant 14 séances d’échantillonnage dans la réserve de développement durable de Mamirauá, en Amazonie centrale — l’une des études les plus longues jamais réalisées avec l’espèce — pour évaluer la dynamique des populations dans un écosystème d’inondations. Nous estimons des paramètres démographiques clés, notamment la survie, le recrutement (les premières estimations de ce type pour l’Amazonie) et les variations de densité au fil du temps. Mamirauá est une réserve à usage durable où les communautés locales participent activement à l’utilisation et à la conservation des ressources, offrant une opportunité unique d’évaluer la persistance des jaguars dans un paysage façonné à la fois par les inondations saisonnières et les activités humaines.

Résumé de l’étude © Sepulvida et al, 2026

Nous avons observé que Mamirauá abrite certaines des densités de jaguars les plus élevées jamais enregistrées, comparables à d’autres systèmes de zones humides productives, tels que le Pantanal et les Llanos. Cependant, malgré ces densités élevées, de nombreux éléments de preuve indiquent un schéma démographique plus complexe. Le recrutement de la population varie selon le sexe ; la densité des hommes a augmenté avec le temps, reflétant probablement l’immigration en provenance des zones voisines, tandis que la densité des femmes a diminué. De manière constante, les taux de croissance démographique observés étaient inférieurs à 1 (moyenne = 0,97), ce qui indique un déclin progressif et un faible renouvellement de la population. Ces résultats suggèrent que l’immigration masculine pourrait compenser l’élimination locale des hommes, probablement due à la chasse, et masquer ainsi un déclin sous-jacent du segment reproducteur de la population, probablement dû à une augmentation de l’infanticide (par les hommes immigrants) et à une réduction du succès reproducteur.

Bien que nous n’ayons pas détecté d’effets directs des crues sur les taux démographiques, les niveaux d’eau saisonniers influencent probablement l’accès des chasseurs et la connectivité entre les habitats, façonnant ainsi la dynamique des mouvements et de l’immigration. Pris ensemble, nos résultats indiquent que les densités élevées ne reflètent peut-être pas à elles seules la santé de la population et que la structure démographique, en particulier la survie et le recrutement des femelles, est essentielle à la persistance à long terme.

Nos résultats soulignent qu’une conservation efficace du jaguar dans les systèmes de plaines inondables nécessite non seulement la poursuite des stratégies de gestion communautaire, mais également des actions ciblées visant à promouvoir la persistance des mâles locaux, ainsi que la survie et le recrutement des femelles. Ils soulignent également l’importance d’une surveillance à long terme avec des intervalles d’échantillonnage cohérents pour détecter des changements démographiques subtils. À mesure que les phénomènes météorologiques extrêmes s’intensifient, il sera essentiel d’intégrer la gestion locale à des stratégies prenant en compte les changements des régimes hydrologiques. Les forêts des plaines inondables amazoniennes sont encore sous-représentées dans les plans de conservation, mais elles sont essentielles à la biodiversité, aux moyens de subsistance des populations locales et à la viabilité à long terme des populations de jaguars.

Ceci est un résumé en langage simple traitant d’un article récemment publié dans Journal d’écologie appliquée. Retrouvez l’article complet ici.



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