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La perte d’espèces végétales réduit les microbes rares du sol grâce à des effets de diversité amplifiés par les interactions multitrophiques |


À propos du papier:

Quel est le sujet de votre article présélectionné et à quoi cherchez-vous à répondre avec votre recherche ?

Nos recherches examinent une question fondamentale en écologie : la perte de diversité végétale dans les communautés naturelles érode-t-elle réellement la biodiversité cachée sous terre, et si oui, comment ? Sur la base d’une expérience de suppression d’espèces sur 12 ans dans les prairies alpines riches en espèces du plateau tibétain, nous avons testé l’impact de la perte de plantes rares par rapport aux espèces dominantes ou communes sur la diversité microbienne du sol. Nous avons constaté que la perte d’espèces végétales rares réduisait considérablement la richesse des bactéries et des champignons du sol, principalement en diminuant les taxons microbiens rares. Surtout, cet effet n’était pas direct ; elle a été amplifiée par des changements dans les interactions multitrophiques souterraines, comme une augmentation des nématodes fongivores. Nos travaux fournissent des preuves solides et à long terme selon lesquelles la conservation de l’ensemble de la diversité végétale, en particulier des espèces rares, est essentielle au maintien de la santé des sols et de la stabilité des écosystèmes.

Parcelles expérimentales d’élimination d’espèces végétales dans une prairie alpine du plateau tibétain. (Crédit : Kechang Niu)

Avez-vous été surpris par quelque chose en travaillant dessus ? Avez-vous eu des défis à surmonter ?

La découverte la plus surprenante était la spécificité et la durée de l’effet. Nous n’avions pas prévu que la perte de plantes rares aurait un impact aussi prononcé et unique sur les microbes rares du sol, contrairement à la perte d’espèces dominantes. Il a fallu plus d’une décennie pour que cette tendance émerge clairement, soulignant la valeur des expériences à long terme. Le plus grand défi consistait à démêler le lien causal. Le déclin des microbes rares était-il le résultat direct de la perte de plantes, ou était-il dû à des changements dans l’environnement du sol et au réseau complexe de la vie souterraine ? Nous avons passé beaucoup de temps à utiliser des modèles statistiques pour séparer les effets directs de la diversité végétale des effets indirects canalisés par les nématodes du sol et d’autres niveaux trophiques.

Quelle sera la prochaine étape dans ce domaine ?

Notre prochaine étape consiste à tirer parti de ces découvertes en construisant des réseaux écologiques dynamiques et multicouches. Nous visons à intégrer les interactions multitrophiques intercommunautaires pour explorer plus en profondeur comment la perte de diversité végétale, en particulier parmi les taxons rares, se répercute sur l’ensemble de l’écosystème. Cela nous permettra de passer de l’observation des modèles à la prévision de la manière dont ces perturbations affecteront les fonctions des écosystèmes souterrains, telles que le cycle des nutriments et le stockage du carbone, dans un monde en évolution.

Quels sont les impacts ou implications plus larges de votre recherche sur les politiques ou la pratique ?

Nos recherches délivrent un message clair pour la conservation et la restauration : les petites choses comptent. Les efforts écologiques se sont souvent concentrés sur les espèces dominantes, mais nos travaux montrent que les plantes rares sont la clé de voûte du maintien de la biodiversité des sols. La perte de ces espèces apparemment insignifiantes peut déclencher une boucle de rétroaction positive, conduisant à la perte de microbes rares du sol et affaiblissant la résilience de l’écosystème. Cela implique que les projets de restauration doivent passer d’une simple focalisation sur la biomasse ou la couverture au rétablissement actif de la composition complète des communautés végétales, y compris les espèces rares, pour soutenir les fonctions du sol qui sous-tendent toute vie terrestre.

À propos de l’auteur :

Comment en êtes-vous arrivé à l’écologie ?

Ma passion pour l’écologie a commencé lors d’un stage universitaire sur le terrain. Être dans une forêt, être témoin de la stratification du sol et de la structure verticale des arbres, était bien plus vivant et tangible que n’importe quelle conférence. J’ai été captivé par la créativité de la nature. Plus tard, au cours de mon doctorat, j’ai découvert pour la première fois les vastes et majestueuses prairies alpines du plateau tibétain. Profondément impressionné par leur grandeur et la vie complexe qu’ils abritent, j’ai décidé de consacrer ma carrière à la compréhension et à la protection de ces fragiles écosystèmes de prairies.

Quel est votre poste actuel ?

Je suis actuellement membre junior du corps professoral de l’Université Hebei GEO, où j’ai récemment commencé ma carrière de chercheur indépendant.

Avez-vous poursuivi les recherches sur lesquelles porte votre article ?

Absolument. Cette expérience à long terme est devenue la pierre angulaire de mes recherches. Nous continuons à surveiller les parcelles et nous nous concentrons désormais sur la façon dont la perte d’espèces végétales et de caractères fonctionnels affecte les traits fonctionnels microbiens du sol. Nous approfondissons également la façon dont ces changements dans les interactions multitrophiques influencent en fin de compte les fonctions clés du sol, dans le but de démêler les mécanismes complexes qui relient les mondes visible et invisible.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un dans votre domaine ?

Ne restez pas simplement dans le laboratoire ou devant un écran d’ordinateur : l’écologie se passe à l’extérieur. Passez le plus de temps possible sur le terrain : observez, posez des questions et restez curieux. Et surtout soyez patient. Les modèles fondamentaux de notre monde naturel se développent au fil des années, des décennies, voire des siècles. Ne vous laissez pas décourager par les premiers revers. La persévérance et un engagement à long terme sont essentiels pour véritablement comprendre la dynamique des écosystèmes, une leçon que ma propre expérience de 12 ans m’a bien apprise.

L’auteur, Jie Li. Lors de mon travail de terrain dans une prairie alpine du plateau tibétain (Crédit : Kechang Niu)





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