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Créer des établissements d’espoir : des jeunes réfugiés envisagent un avenir régénérateur


Par Ansiima Casinga Ronde

Lorsque je suis arrivé pour la première fois dans le camp de réfugiés de Nakivale, je ne me sentais pas comme un endroit propice à l’avenir. J’étais une jeune personne déplacée, fuyant les violences en RDC aux côtés de ma famille. Les bâtiments de Nakivale étaient fissurés et fragiles. Les rues étaient vides parce que de nombreux jeunes restaient chez eux car il n’y avait pas de travail pour eux à l’extérieur. Le soleil tapait sur le sol sec et craquelé. Vous pourriez marcher de longues distances sans trouver un seul arbre pour vous ombrager. Avec 10 $, j’ai démarré une petite entreprise de fruits et un nouveau chapitre de ma vie a commencé.

C’était il y a 7 ans. Ces réalités existent toujours, mais la situation évolue rapidement. Aujourd’hui, les rues ne sont plus vides. Il y a des gens qui achètent et vendent des biens, des groupes de jeunes plantent des arbres et de petits centres d’activités émergent là où rien n’existait auparavant. À Nakivale, il existe un petit nombre d’initiatives dirigées par des réfugiés qui ont formé des milliers de personnes à la permaculture et à la régénération. Ces organisations communautaires ont travaillé aux côtés des réfugiés pour cultiver des jardins potagers pérennes en permaculture, créant ainsi un espace pour les compétences et les moyens de subsistance. Lorsque les réfugiés ouvrent la voie, nous pouvons récupérer nos vies et nos moyens de subsistance.

Je souhaite partager deux exemples d’actions menées par des réfugiés à Nakivale. L’un vient de l’organisation que j’ai créée, For the Love of Nature (FOLONA). Nous créons un centre d’apprentissage communautaire, un espace commun pour tous qui accueillera des cours de permaculture, enseignant l’agriculture durable et la régénération des sols, entre autres sujets. Les participants apprendront l’importance des arbres et des cultures indigènes, puis les mettront en pratique, en créant des espaces verts qui améliorent l’habitat et nourrissent les familles.

L’autonomisation économique est également centrale. Le centre FOLONA proposera des cours de commerce, des cours d’entrepreneuriat, des ateliers à valeur ajoutée et la culture de champignons pour générer des revenus, aidant ainsi les jeunes et les membres de la communauté à créer des moyens de subsistance. Les cours de cuisine enseigneront la nutrition tout en connectant les gens avec la nourriture de manière consciente et saine.

Les programmes d’autonomisation des femmes rassembleront des jeunes filles, des mères et des femmes plus âgées pour des cercles de partage, le renforcement de la confiance et des compétences pratiques. Le partage des connaissances des aînés permettra à la communauté de préserver la sagesse ancestrale tout en l’adaptant pour la prochaine génération. Les ateliers pour enfants feront des jeunes des agents de changement compatissants et connectés à la nature.

Je voudrais également présenter une initiative entre l’organisation locale YICE Uganda, Re-Alliance et Arup : un modèle d’installation de réfugiés au sein de Nakivale présentant une conception régénérative intégrée. La construction écologique, la culture alimentaire régénératrice et la collaboration communautaire se réunissent pour montrer à quoi pourrait ressembler un environnement bâti inspiré de la nature pour les personnes déplacées.

C’est ce qui se produit lorsque les communautés de réfugiés disposent d’un espace pour concevoir leurs propres résultats. Notre vision de l’établissement de réfugiés de Nakivale peut en faire un espace vert et prospère où les gens vivent en partenariat avec leurs écosystèmes, en tant que nourriciers et intendants de la terre. Dans un monde qui semble brisé, les personnes déplacées ont besoin d’espoir. Des visions comme celles-ci sont porteuses d’espoir, et grâce à ces visions et démonstrations, les communautés trouvent la force et la capacité d’agir.



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