Une étude des carnivores de la Sierra Nevada en Californie, réalisée par Martin et al. (2025), montre que des espèces comme les lynx roux, les couguars, les coyotes, les renards gris et les martres s’évitent largement dans l’espace mais partagent des régimes alimentaires étonnamment similaires, révélant comment les conditions du paysage façonnent la coexistence et comment les futurs changements d’habitat pourraient perturber ces équilibres délicats.
Résumé : La compétition interspécifique est une force structurelle dans les communautés animales et peut être particulièrement influente parmi les espèces présentant des caractéristiques taxonomiques ou écologiques similaires. Dans les communautés de carnivores, l’hétérogénéité de la disponibilité des ressources et de la structure du paysage peut améliorer les interactions compétitives, mais il est souvent difficile de quantifier l’utilisation de l’espace et des ressources par ces espèces insaisissables. Ici, nous avons examiné la répartition spatiale et alimentaire d’une guilde de carnivores montagnards, comprenant des lynx roux, des couguars, des coyotes, des renards gris et des martres du Pacifique, dans une zone protégée de 3 074 km2 dans la chaîne de la Sierra Nevada, en Californie, aux États-Unis. Nous avons utilisé des échantillons d’excréments collectés de manière non invasive et des détections de caméras à distance pour estimer les effets des conditions du paysage sur la présence de carnivores via un modèle d’occupation hiérarchique intégré. Nous avons en outre analysé des échantillons d’excréments via un métabarcodage ADN pour élucider les modèles de régime alimentaire des carnivores, leur chevauchement et les effets des conditions du paysage sur l’alimentation de la guilde des carnivores. Nous avons observé un chevauchement spatial limité au sein de la guilde, quelques espèces présentant un chevauchement élevé. À l’inverse, nous avons constaté un fort chevauchement des régimes alimentaires, avec un chevauchement plus important que prévu entre la plupart des espèces, y compris celles ayant des tailles corporelles et des stratégies d’alimentation différentes. Il est important de noter que la partition spatiale résultant des conditions du paysage semble faciliter l’exploitation partagée des proies. Grâce à ce travail, nous démontrons l’importance des conditions du paysage et de l’écologie des espèces pour influencer l’utilisation de l’espace et la répartition des ressources, et nous soulignons les effets potentiels du changement du paysage sur l’écologie et la répartition des espèces dans un monde en évolution.
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